Comment planifier l’éducation dans les zones de conflits et d’instabilité ? #CIES2017

06 Mars 2017

En s’appuyant sur sa coopération technique au niveau national et son partenariat avec les agences internationales, l’IIPE-UNESCO a travaillé sur des solutions pour les pays qui doivent tenir compte des risques de conflits et de catastrophes naturelles dans leurs plans sectoriels d’éducation. 

Ce genre de situation touche plus d’enfants que l’on pourrait croire. Dans le monde, un enfant sur six en âge d’aller à l’école vit dans un pays victime d’un conflit ou d’un état prolongé de crise dû à une guerre, une catastrophe naturelle, ou une situation d’urgence sanitaire nationale. Un tiers des 121 millions de jeunes non scolarisés vit dans une situation fragile ou est touché par un conflit (source : GPE 2016). Naturelles ou provoquées par l’homme, ces situations ont en commun d’avoir un effet tout aussi néfaste sur les systèmes éducatifs. Planifier l’éducation en prenant mieux en compte les multiples causes et déclencheurs de catastrophes peut réduire voire empêcher ces effets sur l’éducation, et ainsi sauver les vies. De surcroît, une planification sensible aux conflits et aux risques naturels protège les investissements faits dans les infrastructures, équipements et vivres.

 

Planifier l’éducation dans les zones à risques et de conflit

Des progrès ont été réalisés dans le domaine de la planification en zones à risques grâce au support technique apporté par l’IIPE-UNESCO dans les pays en guerre ou frappés par des catastrophes naturelles. Ainsi, le soutien apporté aux ministères de l’Education pour s’assurer que leurs plans sectoriels prennent en compte les conflits et les risques au Burkina Faso, au Soudan du Sud et en Ouganda ont récemment fait l’objet de trois études de cas. Ces études soulignent l’importance de l’engagement des gouvernements dans ce domaine, ainsi que la nécessité de mettre en œuvre des mécanismes de coordination assurant le suivi et la compatibilité avec les priorités gouvernementales en matière d’éducation dans un contexte de crise. En outre, le besoin de renforcement des capacités est particulièrement important dans ce genre de contexte car une crise peut toucher ces capacités. Or, des capacités affaiblies contribuent à leur tour à nourrir la crise.

Téléchargez la note de synthèse « Intégrer la réduction des risques de conflits et de catastrophes dans la planification du secteur de l’éducation »  (en anglais)

 

Planification pour la gestion de crise

Planifier en prenant en compte les situations de crise et d’urgence commence par l’analyse des conflits et des risques de catastrophes. Il existe pour cela de nombreux outils, dont l’ « Analyse rapide de l’éducation et du risque », soit  Rapid Education and Risk Analysis (RERA), les ressources développées par l’IIPE-UNESCO et PEIC. Ces analyses peuvent s’intégrer dans une politique de développement, de planification et de mise en œuvre.

Plus d’information sur comment les systèmes d’éducation peuvent prévenir et se préparer.

 

 

IIEP à CIES 2017

 

Au cours de la conférence CIES organisée à Atlanta, l’IIPE-UNESCO a animé et participé à trois sessions, dont le thème principal est la planification dans les situations de crise.

  • La première session, organisée par USAID’s Education in Crisis and Conflict Network (USAID ECCN), avait pour thème “Lessons from Field Pilots in Multi-Risk and Education Analysis for Crisis and Conflict-Affected Environments” (« Les leçons de projets pilotes en analyse multirisque et éducation pour des zones de conflits ou en crise »). Les participants y ont discuté des moyens de concevoir des programmes d’éducation pouvant s’adapter à des contextes tels que des conflits ou des catastrophes naturelles, des actions terroristes ou encore une instabilité politique, afin d’atteindre leurs objectifs d’éducation globale.

  • La deuxième session, “Leaving no one behind: planning education for the inclusion of displaced populations”  («  Aucun réfugié laissé pour compte : planifier pour l’inclusion des populations déplacées »), organisée par l’IIPE-UNESCO, rassemblait des représentants des ministères de l’Education et des agences internationales pour examiner le problème des populations déplacées. Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour s’assurer que les enfants réfugiés et déplacés puissent avoir une éducation de qualité était la question centrale. Les présentations prennaient en compte les résultats d’un récent e-Forum autour des thèmes de l’accès, de la qualité et de la gestion de l’éducation, basés sur les expériences vécues au niveau national.

Télécharger le rapport du e-Forum “Planifier pour l’inclusion des populations déplacées dans le secteur de l’éducation” (en anglais)

  • La troisième session sur la planification en situation de crise de CIES 2017 s’intitule “How to strengthen evidence to improve education in conflict and crisis settings” («  Comment renforcer les bases de données pour améliorer l’éducation dans les zones de conflit et de crise »). Cette session avait pour but de montrer le rôle essentiel des données relatives à l’éducation dans les situations de crise pour atteindre l’ODD4. Des sujets-clés et des défis liés à la recherche dans des contextes de crise sont évoqués, mettant en valeur l’importance capitale du développement d’une base de données pour la planification et la programmation de l’éducation en situations de crise.

    -> Retrouvez les présentations (en anglais) diffusées lors des sessions de CIES 2017.

    -> Pour plus d’information sur la planification sensible aux conflits, consulter le portail thématique Education 4 Resilience de l’IIPE.