Construire la résilience au sein du système éducatif du Soudan du Sud

02 Février 2016

Les responsables de l’éducation du Soudan du Sud et des partenaires de développement se sont réunis aujourd’hui à Juba pour partager les résultats de l’analyse sectorielle en éducation et lancer le processus de préparation du Plan sectoriel de l’éducation (ESP).

« Aujourd’hui est à marquer d’une pierre blanche, » a déclaré la directrice de l’IIPE, Suzanne Grant Lewis, aux participants travaillant pour le gouvernement et les autres acteurs. « C’est l’occasion de faire le point sur l’état actuel de l’éducation au Soudan du Sud et de réfléchir sur ce qui a bien fonctionné et sur qui se révèle être un défi. Cette analyse et cette réflexion constituent une étape cruciale dans la planification, permettant d’aller de l’avant vers un système résistant, équitable et sûr pour les apprenants ».

Le Soudan du Sud a démontré sa volonté non seulement de faire face aux crises, mais aussi d’aller au-delà de la simple gestion des risques. Ceci est particulièrement important dans le contexte du Soudan du Sud, un pays où une longue histoire de troubles et une actuelle guerre civile ont laissé des traces sur son système d’éducation. Le processus d’analyse du secteur de l’éducation a réuni contributions des partenaires au développement et du monde humanitaire, deux mondes qui fonctionnent trop souvent séparément.

L’analyse sectorielle en éducation (ESA), qui alimente la conception du plan sectoriel d’éducation, a été officiellement lancée par le ministère de l’Education, de la Science et de la Technologie (MEST) en septembre 2015. L’exposé a porté sur le contexte plus large, les modèles de scolarisation, la qualité, la gestion ainsi que les coûts et le financement. Les questions d’équités et de gestion des risques ont été intégrées dans l’ensemble de l’analyse.

A propos de l’ESA et du processus utilisé pour le développer, le sous-secrétaire à l’Education, M. Michael Lopuke Lotyam a déclaré: « Nous apprécions non seulement le résultat de l’analyse sectorielle de l’éducation au Soudan du Sud, mais aussi les compétences acquises dans le processus. »

Avec la proportion la plus élevée d’enfants non scolarisés dans le monde, plus de la moitié (51 %) des enfants du pays âgés de 6 à 15 n’a pas accès à une éducation formelle, selon l’UNICEF. Depuis le conflit actuel qui a éclaté en décembre 2013, plus de 800 écoles ont été détruites et plus de 400 000 enfants ont été contraints à abandonner l’école.

 

Dans ces circonstances difficiles, l’ESA vise à aider les décideurs à orienter leurs politiques nationales et fournir des informations analytiques plus que nécessaire pour aider à soutenir une utilisation plus efficace et équitable des ressources. Pour la première fois, l’ESA a également veillé à ce que tous les indicateurs de l’éducation traditionnels – tels que le taux de scolarisation, l’efficacité interne, le coût et le financement, la gestion, l’équité et la qualité – soient examinés à travers le prisme du conflit et du risque.

Le sous-secrétaire, M. Michael Lopuke Lotyam, a expliqué pourquoi il est si important d’adopter une perspective plus large : « L’éducation n’est pas une île, nous avons besoin de comprendre la dynamique plus large. »

Un certain nombre de ministères (y compris ceux de l’éducation, des finances, de la fonction publique et le Bureau national des statistiques) et les partenaires de développement, dont l’UNICEF, le HCR, le Cluster éducation, le bureau de l’UNESCO à Juba et l’IIPE, ont contribué à la réalisation de l’ESA.

Les planificateurs de l’éducation nationale et d’autres acteurs clés de l’éducation – dont le gouvernement, les partenaires au développement, les ONG, les syndicats d’enseignants, les associations de parents et la société civile – dans le Soudan du Sud vont maintenant se concentrer sur le coup d’envoi du processus ESP, qui devrait être achevé d’ici la fin de Juin 2016.

Ce processus important, dirigé par le gouvernement et qui contribue à créer une vision à long terme pour le système éducatif du pays, se fondera sur les principales conclusions de l’ESA, ainsi que d’autres documents nationaux et les discussions politiques.

L’ESP couvrira tous les domaines de l’éducation à partir de l’école maternelle et traitera les questions d’accès, de la qualité, d’équité et de gestion. Unique au contexte sud-soudanais, il se penchera également sur la prévention des risques et des mesures d’atténuation.

Pendant trois jours (3-5 février), les participants présenteront les grandes priorités de la politique de l’éducation et des stratégies pour les cinq prochaines années.

 

 

Cette activité a bénéficié du soutien du Partenariat mondial pour l’éducation, GIZ/ Back up, UNICEF ESARO, PEIC, UNESCO Juba et l’IIPE.