Les subventions scolaires pourraient être utilisées plus efficacement

21 Novembre 2014

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Les subventions scolaires pourraient être utilisées plus efficacement
IIEP
Chercheurs du Vanuatu

Une nouvelle étude de l'IIPE

 

Une nouvelle étude sur l’amélioration du financement scolaire et l’engagement des communautés dans la gestion des écoles montre que les subventions qui leur sont accordées ne sont pas toujours utilisées aussi efficacement qu’elles pourraient l’être dans certains pays d’Asie de l’Est et du Pacifique.

Ces subventions, qui représentent une option de plus en plus populaire dans les pays ayant aboli les frais de scolarité, permettent à plus d’enfants d’aller à l’école, en particulier les filles et les groupes défavorisés. Elles devraient aussi avoir un impact positif sur la qualité et la pertinence de l’offre éducative. Le principe est que les gouvernements octroient des fonds directement aux écoles, qui décident plus librement de la façon d’engager les dépenses, afin de répondre au mieux aux besoins de leurs élèves et de leur assurer la meilleure éducation possible.
Si les subventions scolaires sont devenues un outil important de la gestion de l’éducation, on sait peu de choses quant à leur utilisation ou leur impact sur la qualité et l’équité.

Une nouvelle étude de l’IIPE – en collaboration avec le Bureau régional de l’UNICEF pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, et avec ses bureaux de pays dans la région – a porté sur la situation en Indonésie, en Mongolie, au Timor-Leste et au Vanuatu. Les résultats montrent que les subventions ont contribué à accroître l’accès des enfants à l’école, en particulier ceux qui n’avaient jamais été scolarisés. Elles ont également contribué à améliorer l’environnement scolaire, grâce à une meilleure disponibilité des matériels pédagogiques et d’apprentissage, tels que les manuels scolaires.

« Les subventions scolaires peuvent être un outil déterminant pour accroître l’accès et l’équité, ainsi que pour améliorer la qualité de l’apprentissage des enfants. Pourtant, une condition clé de la réussite est d’avoir une bonne conception et une mise en œuvre efficace de la politique », estime Candy Lugaz, responsable de projet à l’IIPE.

En d’autres termes, l’existence des subventions scolaires ne constitue pas à elle seule une garantie de succès. En effet, l’étude a montré que, trop souvent, elles n’étaient pas attribuées en fonction des besoins des élèves et des écoles, conduisant même, dans certains cas, à aggraver les disparités. Le manque d’autonomie, ainsi que des retards dans l’attribution de la subvention comptent parmi les facteurs ayant un impact négatif sur l’amélioration de la qualité de l’éducation. Dans l’ensemble, on a constaté que les enseignants, les parents et les élèves ont joué un rôle négligeable dans la planification et la mise en œuvre des subventions.

La recherche a eu lieu dans 56 écoles, sur une période de 20 mois. Les données ont été recueillies à partir de différentes sources : au cours d’entretiens avec des chefs d'établissement, trésoriers de l'école, enseignants, parents, élèves et les communautés où ils vivent, ainsi qu’à partir des données chiffrées disponibles.
L’étude préconise notamment que les politiques de subvention aux écoles soient guidées par des objectifs clairs et ciblés, et soutenues par un plan de communication efficace. Les rôles et les responsabilités de tous les intervenants - directeur d’école, trésoriers, enseignants, parents, élèves et dirigeants communautaires - devraient par ailleurs être clarifiés. Ces acteurs devraient être soutenus par des programmes de développement des capacités.

Ces nouveaux résultats ont permis à l’IIPE et à l’UNICEF d’organiser un séminaire politique régional à Bangkok, du 7 au 9 mai 2014, avec les décideurs des ministères de l’Éducation de la région d’Asie et du Pacifique, des experts et des partenaires au développement pour discuter de la façon dont ils peuvent mettre en œuvre les recommandations issues de la recherche.

« Partager les résultats de cette nouvelle recherche et en discuter a permis aux décideurs de la région d’échanger, d’apprendre les uns des autres, et de rentrer dans leur pays avec une vision claire et concrète sur la manière d’améliorer la politique à court et à long terme», a déclaré Jim Ackers, Conseiller régional pour l’éducation, du Bureau régional de l’UNICEF pour l’Asie de l’Est et le Pacifique.
Cette recherche réalisée en Asie de l’Est est la suite d’une première phase d’études sur le même sujet, qui a été conduite dans cinq pays d’Afrique orientale et australe. Les principales conclusions de ces premières enquêtes étaient que l’impact de ces subventions scolaires sur la qualité serait renforcé si tous les acteurs au niveau de l’école – notamment les enseignants, les parents et les élèves – étaient impliqués dans le processus de prise de décision et de pilotage.

La recherche sera finalisée et diffusée dans le courant de cette année, avec des notes d’orientation politique à l’intention de tous les pays impliqués ou cherchant à s’impliquer dans les problèmes de subventions scolaires.