Coûts et financements de l'éducation

 

Le financement d’une éducation de qualité pour tous est encore loin d’être assuré au niveau mondial. Maximiser l’utilisation des ressources disponibles est donc crucial pour atteindre le quatrième Objectif de développement durable (ODD4). Les experts de l'IIPE-UNESCO contribuent ainsi au développement d’outils et de méthodologies pour renforcer les analyses liées aux coûts et au financement de l’éducation, et accompagnent les ministères en charge de l’éducation, de la formation et des finances dans leurs prises de décision.

Au niveau global, la part des dépenses publiques consacrées à l'éducation est assez proche des objectifs internationaux (cf. données ci-dessus). Ces chiffres cachent d’importantes disparités, puisqu’un tiers des pays pour lesquels l’information est disponible n’atteignent aucun des seuils minimum d’engagement, comme l’indique le Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2020 de l’UNESCO.

La réalisation de l’ODD 4 est tributaire d'une planification financière minutieuse des politiques éducatives. Cette expertise est au cœur des activités d’appui technique de l’IIPE.

 

Coûts et financements de l’éducation : nos quatre dispositifs

L’IIPE apporte son soutien aux États membres de l’UNESCO pour chiffrer et planifier leur plan de développement pour le secteur éducatif. Découvrez nos outils et méthodologies.


1. Analyse sectorielle de l’éducation : section « coûts et financements »

L’analyse sectorielle est la première étape de la planification de l’éducation, puisqu’elle établit un diagnostic approfondi de l'état du système éducatif d’un pays. Elle rend compte des progrès réalisés et permet d’identifier les défis à relever. Au cœur de cette analyse, la section consacrée aux coûts et financements explore les différentes sources de financement du secteur, la part dédiée à l’éducation et les potentielles marges de progression. Elle analyse également le coût engendré par chaque élève scolarisé pour chaque niveau d’éducation et étudie les éventuels gains d’efficacité.

Pour ce faire, l’IIPE a participé à la réalisation d’un guide méthodologique permettant de se familiariser avec la méthode d’analyse des coûts et financements utilisée dans le cadre de l’analyse sectorielle d’éducation.

Télécharger le guide méthodologique

L’IIPE travaille main dans la main avec les équipes nationales pour renforcer les capacités et assurer l’autonomie des États membres de l’UNESCO en matière de chiffrage et d’analyse des coûts et financements de l’éducation. Notre objectif commun consiste à optimiser les ressources disponibles, pour permettre à tous les élèves de bénéficier d’une éducation de qualité adaptée aux besoins, en particulier pour les plus désavantagés.

Blandine Ledoux - Responsable "coûts et financements de l'éducation" à l’IIPE

 


2. Les Comptes Nationaux d’Éducation

Un Compte National de l’Éducation (CNE) permet d’établir une cartographie complète des flux de financement et de dépenses en matière d'éducation dans un pays donné. Grâce à une méthodologie structurée, le CNE parvient à organiser une grande quantité de données de nature très diverse, provenant de financements publics et privés. L’enjeu est non seulement d’assurer une plus grande transparence dans l’estimation du volume des ressources mobilisées pour le secteur, mais surtout de rendre compte de leur utilisation. Il s’agit alors d’identifier les potentiels leviers d’optimisation et de mieux orienter les ressources vers l’atteinte des objectifs politiques de l’ODD 4.

Un guide méthodologique a été co-développé en 2016 par l’IIPE et l'Institut de statistique de l'UNESCO, avec un financement du Partenariat mondial pour l'éducation (GPE). Depuis cette date, neuf pays ont bénéficié d’un accompagnement de l’IIPE pour la réalisation totale ou partielle d’un Compte National de l’Éducation : Côte d’Ivoire, Guinée, Laos, Népal, Ouganda, Sénégal, Togo, Vietnam et Zimbabwe.

3. Modèle de simulation des coûts

Un modèle de simulation permet de chiffrer les coûts associés aux stratégies envisagées dans le cadre du développement ou de la révision d’un plan sectoriel de l’éducation. Concrètement, il s’agit d’un ensemble de feuilles de calcul connectées les unes aux autres.

L’outil permet notamment :

  • de synthétiser l’organisation et les principales interactions au sein d’un système éducatif,
  • d’estimer les conséquences financières et logistiques des choix politiques définis dans le plan sectoriel d’éducation. Construction de salles de classes ou recrutement d’enseignants, par exemple.

En comparant les besoins de financement anticipés avec les ressources disponibles, la simulation permet ainsi d’apprécier la soutenabilité des mesures envisagées. Cet outil sert également à documenter et à nourrir les discussions au sein des ministères de l'Éducation, ou avec d'autres ministères et partenaires sociaux, techniques et financiers.

Notre formation sur le développement de modèles de simulation

L’IIPE propose un cours spécialisé sur les méthodes et techniques de projection et les modèles de simulation. Objectif : offrir aux participants les bases nécessaires pour développer de manière autonome un modèle de simulation. Il est destiné en priorité aux fonctionnaires des ministères en charge de l’éducation et de la formation désireux d’élargir leurs compétences pour renforcer l’étape ‘coûts et financement’ du processus de planification sectorielle.

En savoir plus

 

4. Lien entre planification et budgétisation de l’éducation

Le dialogue entre les ministères en charge de l’éducation et de la formation et celui des finances est parfois difficile, en particulier quand il s’agit d’obtenir les ressources additionnelles pour atteindre les objectifs fixés dans les plans sectoriels. Au-delà des négociations et arbitrages financiers qui concernent l’ensemble des ministères, certaines considérations techniques peuvent aussi compliquer les échanges. Les outils de planification et de programmation utilisées de part et d’autre communiquent rarement de manière optimale, ne permettant pas de tenir compte de toutes les contraintes et spécificités de chaque ministère.
L’IIPE a engagé un projet visant à documenter ces difficultés dans plusieurs pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette étude analyse également les implications liées au passage de la budgétisation par poste à la budgétisation par programme, actuellement en cours dans la région.

Qui finance l’éducation ?

Selon l'UNESCO, les gouvernements prennent en charge 79 % des dépenses mondiales en matière d'éducation. Les ménages contribuent à hauteur de 20 % et les donateurs à hauteur de 0,3% (12 % dans les pays à faible revenu). Les dépenses des ménages, bien qu'elles soient plus difficiles à suivre et qu'elles varient significativement d'un pays à l'autre, représentent généralement une proportion beaucoup plus élevée des dépenses d'éducation dans les pays où les politiques de financement public sont faibles. Il s'agit là d'un obstacle majeur sur la voie de l'égalité des chances en matière d'éducation.