Gouvernance et enseignement supérieur

La théorie de la « nouvelle gestion publique » a largement supplanté les méthodes de gouvernance traditionnelles fondées sur la « gestion du secteur public », critiquées pour leur manque d’efficacité et d’adaptabilité face aux besoins du marché. Le nouveau modèle redéfinit les relations entre l’État et les établissements d’enseignement supérieur, l’État jouant un rôle, non plus de contrôle, mais, de supervision. Ses principes fondamentaux sont une autonomie institutionnelle et une privatisation plus grandes.

Quel impact les réformes ont-elles eu sur la gestion des universités ?

 

L’IIPE a étudié l’évolution des politiques et des nouvelles structures de gouvernance à l’échelle mondiale ; il s’est intéressé à leurs incidences sur la gestion de l’enseignement supérieur au niveau national et a analysé leurs implications en termes d’efficacité institutionnelle de l’enseignement supérieur. 

Les premiers résultats des études empiriques montrent que les réformes de gouvernance sont à l’origine de changements substantiels, avec notamment :

  • L’apparition d’acteurs intermédiaires (agences, institutions) jouant un rôle tampon entre le ministère de l’Éducation et les établissements d’enseignement supérieur ;
  • L’accès d’acteurs du secteur privé aux instances de décision en matière d'éducation ;
  • La mise en œuvre des politiques par la persuasion et des mesures incitatives, plutôt que par voie législative ;
  • Le contrôle de la qualité par des agences externes et des associations professionnelles.

Dans le domaine des réformes de la gouvernance, le secteur de l'enseignement supérieur est fortement marqué par une tendance majeure : l’évolution vers une autonomie plus grande des établissements. Cette évolution intervient dans un contexte de modification du rôle de l’État, de restrictions budgétaires, d’une intensification de la concurrence entre établissement, notamment avec l’accroissement du secteur privé, et d'une forte demande sociale, comme en témoigne l’augmentation des inscriptions. Les établissements d’enseignement supérieur se voient ainsi contraints d’améliorer la qualité du service.

Face à ces évolutions, et sur la base des enseignements tirés des travaux antérieurs sur la réforme de la gouvernance et l’assurance de la qualité, l’Institut travaille avec les États membres et les établissements d’enseignement supérieur à l'élaboration et l'amélioration des systèmes internes d’assurance de la qualité. La recherche appliquée devrait faciliter la formation et le conseil stratégique dans ce domaine.