Ouganda : où sont passés les élèves ?

24 Juillet 2018

Dans le cadre de sa récente formation à l’IIPE, Dorothy Ssekimipi a étudié les difficultés rencontrées par les élèves pour passer au secondaire et les disparités considérables entre le nombre d’enfants qui terminent le primaire et ceux qui arrivent au terme de l’enseignement secondaire.

Dorothy Ssekimipi s’est investie d’une mission : comprendre où sont passés les cohortes d’enfants ougandais à la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire. En effet, seuls 67 % des élèves passent du primaire au secondaire, et ils ne sont plus que 36 % à parvenir au terme du premier cycle du secondaire, selon les données recueillies en 2017 par le ministère.

« Pourquoi ne sommes-nous pas à 100 % ? Est-ce une affaire de décrochage, partent-ils dans les circuits d’éducation non formelle ? » s’interroge-t-elle, avant d’ajouter que l’enseignement secondaire universel de qualité est aujourd’hui une priorité majeure pour le pays et l’une des cibles de l’objectif de développement durable 4 (ODD 4) relatif à l’éducation.

Selon elle, l’un des défis majeurs de l’accès à l’enseignement secondaire est la situation géographique. « Si l’école est trop éloignée, l’enfant cessera d’y aller. Surtout les filles, car le trajet est trop dangereux pour elles ». Certains élèves, notamment dans les zones rurales, ont plus de cinq kilomètres à parcourir à pied.

Ssekimipi est économiste dans le département des projets et de la planification du ministère de l’Éducation et des Sports en Ouganda. Dans le cadre de ses fonctions, elle coordonne le programme d’approche sectorielle SWAP (sector-wide approach process) dont l’objectif est de veiller à ce que le ministère travaille avec une vaste palette de partenaires du développement de l’éducation, dont la société civile ou les organisations confessionnelles.

Pendant la première moitié de l’année 2018, Ssekimipi était loin de son environnement de travail habituel, et plus précisément à 9 600 kilomètres de son pays, à Paris, où elle suivait le Programme de formation approfondie de l’IIPE tout en bénéficiant d’une bourse destinée aux planificatrices. Pendant ces quelques mois, elle a renforcé toute une gamme de compétences en planification et en leadership, et a choisi de consacrer son projet de recherche à ce qui représente aujourd’hui un défi de taille pour le système éducatif ougandais : une analyse des facteurs qui compromettent l’efficacité interne des écoles secondaires de premier cycle.

« Le taux de scolarisation en primaire est considérable, mais à l’étape suivante, il n’y plus assez de places, et c’est donc là qu’il faut concentrer nos efforts », a-t-elle déclaré lors d’un entretien à la suite de la cérémonie de clôture, le 28 juin 2018. « Nous devons ouvrir davantage d’écoles publiques, car il n’y en a pas assez ».

Ssekimipi retournera bientôt à Kampala, où elle terminera son projet de recherche. En Ouganda, le processus de planification de l’éducation pour cette année a également débuté. L’atelier sur le bilan 2018 du secteur éducatif, auquel elle participe, portera sur le renforcement de l’excellence dans la prestation de services éducatifs par la mise à disposition d’une éducation de qualité, au service d’une transformation socioéconomique à tous les niveaux.

S’exprimant au nom de tous les diplômés de la 52e session du PFA, Ssekimipi affirme : « Nous sommes désormais des planificateurs de l’éducation professionnels. La formation nous a donné des connaissances plus approfondies dans tous les volets de la planification. Nous avons couvert tous les aspects de ce domaine et nous devons à présent être aux avant-postes de la réalisation des cibles des ODD au niveau national ».

Grâce à sa participation à l’université d’été 2017 de l’IIPE pour les planificatrices de l’IIPE, ses nouvelles connaissances et compétences de leadership ont pu prendre racine. Ces deux expériences lui ont donné l’assurance nécessaire pour contribuer plus activement au développement du système éducatif ougandais.

« Nous devons poursuivre nos efforts » dit-elle en évoquant ce qui reste à accomplir, tant en matière d’éducation de qualité que d’autonomisation des femmes au travail. « Persévérons ! »

Ssekimipi a également tenu à remercier sincèrement toute l’équipe de l’IIPE de lui avoir donné la possibilité de s’inscrire à la session 2017-2018 du PFA. Selon ses mots, c’est ce qui lui a permis de se professionnaliser en tant que planificatrice. Nous sommes impatients de voir ce qu’accomplira Ssekimipi à l’avenir ! Intéressé par la formation à l’IIPE ? Cliquez ici pour en savoir plus.