Conclusions d’une enquête internationale sur la gestion de la qualité dans l’enseignement supérieur

06 Décembre 2017

L’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO (IIPE-UNESCO), en collaboration avec l'Association internationale des universités (AIU), vient de publier Quality Management in higher education: Developments and drivers. Cet ouvrage vient combler un déficit de connaissances sur la gestion de la qualité dans les institutions d’enseignement supérieur.

Michaela Martin, avec l’aide de Shreya Parikh, a passé en revue les réponses de plus de 300 établissements du monde entier pour en dégager les évolutions récentes, les moteurs externes et internes et les obstacles qui entrent en jeu dans la mise en œuvre des politiques de gestion de la qualité (GQ). Première véritable enquête mondiale sur le sujet, cette publication fournit des données et des analyses de première main sur une question cruciale pour la réforme de l’enseignement supérieur.

Pourquoi une gestion de la qualité?

Les responsables de l’enseignement supérieur sont de plus en plus demandeurs de modèles de systèmes modernes de gestion de la qualité, qui pourraient contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’employabilité des diplômés. Cet ouvrage explique en partie les dynamiques de GQ, notamment les divers acteurs, structures et outils à l’échelle tant mondiale que régionale. Ce précieux éclairage peut concourir à la mise en œuvre de politiques susceptibles de permettre à l’enseignement supérieur de jouer un rôle moteur dans les avancées socioéconomiques et le développement durable en général. À l’ère des Objectifs de développement durable (ODD), cette évolution est d’autant plus importante que l’enseignement supérieur entre dans le cadre de l’objectif relatif à l’éducation et, plus généralement, participe à la réalisation de l’ensemble des ODD.

D’après l’enquête, la GQ est très souvent une priorité pour les institutions, qui l’axent ou l’orientent généralement sur l’enseignement et l’apprentissage. L’employabilité des diplômés, malgré sa place de choix dans le discours politique, n’a pas en réalité tant d’importance dans la GQ.

L’analyse des données montre que la GQ dans son ensemble entre dans un cadre formel structuré par des politiques de qualité, mais qu’il existe peu de définitions claires des procédures et responsabilités en la matière, comme on en trouverait dans un manuel sur la qualité. La direction (le recteur ou le vice-recteur) joue certes un rôle important, mais les structures de soutien comme les services ou bureaux de gestion de la qualité à la fois au niveau central et d’autant plus aux échelons décentralisés sont souvent absentes.

Comment sont utilisées les données de la GQ?

En outre, l’enquête a révélé que les données produites par le suivi de la qualité n’intègrent pas le processus décisionnel visant à améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. Elle confirme ainsi qu’on néglige souvent de faire des retours aux étudiants.

Lorsqu’on examine les moteurs du développement de la gestion de la qualité, tant les motivations internes que les facteurs d’incitation externe entrent en compte. Rehausser l’image de l’établissement est une des motivations internes majeures, tandis que le développement de la GQ est considérablement stimulé par le système national d’assurance de la qualité. Parmi les facteurs internes considérés comme bénéfiques pour le développement de la GQ, le soutien de la direction apparaît clairement comme un élément fondamental, de même que la participation du personnel à l’élaboration des procédures à ce sujet.

Infographie sur la gestion de la qualité dans l'enseignement supérieur :

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