Enseignements autour de la protection du système éducatif en Palestine

26 Février 2016

« Chaque fois que j’entends des bruits très forts, j’ai peur d’aller à l’école.  Mes parents me forcent à y aller mais je n’ai qu’une hâte : rentrer à la maison à cause de tous ces bruits que j’entends autour de l’école. »

Ce sont les mots de Mahmoud, élève en 7ème année (âgé de 12 ans) à l’école palestinienne pour garçons Al-Qastina dans le nord de Gaza, recueillis en août 2011. Il était alors interviewé dans le cadre du programme de réduction des risques liés aux crises et aux catastrophes de l’UNESCO (crisis-disaster risk reduction ou c-DRR), un programme destiné à la protection de l’éducation en situation d’urgence dans la bande de Gaza.

Ce programme, démarré peu après la guerre de Gaza de 2008-2009, a d’abord été mis en œuvre avec 20 école palestiniennes en situation de vulnérabilité, comme celle de Mahmoud. Les interventions ont été nombreuses, jusqu’à la fin du programme en 2012, pour aider à développer les capacités locales et améliorer la préparation à ces situations d’urgence.

L’Institut international de planification de l’UNESCO (IIEP) vient de publier une étude sur le sujet : “Palestine: Lessons from UNESCO’s crisis-disaster risk reduction programme in Gaza” (« Palestine : Leçons tirées du programme de réduction des risques liés aux crises et aux catastrophes de l’UNESCO »). Cette étude de 38 pages permet d’avoir une vision complète des différentes expériences et des enseignements qui en ont découlé, ainsi que des réflexions plus récentes sur le sujet.

Co-écrite par Bilal Al hamaydah, Jo Kelcey, et Ferran J. Lloveras, ce rapport présente en détails un certain nombre d’opérations conçues pour développer les capacités existantes, initiées par le Ministère de l’éducation, l’enseignement supérieur et une large communauté du secteur de l’éducation. Ces opérations incluaient, notamment, la mise en place de comités de sécurité à l’école, proposant un système d’alerte par SMS pour les écoles et les parents, ainsi qu’un suivi des droits humains pour reporter d’éventuelles violations du droit à l’éducation. 

Le programme a également mené des formations sur les Standards minimums, les règles de sécurité et d’évacuation et les premiers secours du Réseau international pour l’éducation en situation d’urgence (INEE).

« Une bonne préparation est la clé pour développer les capacités du secteur de l’éducation à minorer l’impact négatif d’une crise et accélérer la récupération et la reconstruction après celle-ci. » écrit Lodovico Folin-Calabi, en charge du bureau de l’UNESCO à Ramallah, dans son introduction.

Cet important travail apporte un focus et un coup de projecteur sur la période juillet-août 2014 de la guerre à Gaza, durant laquelle 26 écoles ont été complètement détruites et 122 très largement endommagées. Avant que le conflit éclate, le système éducatif à Gaza souffrait déjà d’une pénurie de 200 écoles au moins.

« Dans des contextes aussi instables, le renforcement des capacités institutionnelles et individuelles pour assurer la sécurité des écoles devrait être une priorité des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux, » continue Folin-Calabi.

Les Notes pays sur la Palestine peuvent être utilisées comme ressources pour les acteurs de l’éducation dans d’autres pays où la situation de l’éducation présente, elle-aussi, un besoin de protection face à de l’insécurité ou des conflits armés.

Cette étude a été financée par Protect Education in Insecurity and Conflict (PEIC), un programme de Education Above All (Qatar). Elle fait également partie d’un partenariat et d’une collaboration de long terme avec PEIC pour développer la sécurité, la résilience et la cohésion sociale dans l’éducation, à travers la planification de l’éducation et les programmes.

Visitez education4resilience.iiep.unesco.org pour plus d’information.

Accédez à l’étude (en anglais) en cliquant ici.  

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