Évaluation des risques de corruption dans le secteur de l’enseignement supérieur géorgien

21 Novembre 2018

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Un nouveau rapport de l’IIPE-UNESCO présente les conclusions d’une évaluation des risques de corruption dans le système de l’enseignement supérieur en Géorgie et donne des recommandations pratiques permettant d’améliorer l’intégrité de l’ensemble du secteur. À la demande du Premier ministre de Géorgie, l’évaluation des risques s’est concentrée sur le financement, la gestion du personnel universitaire, ainsi que sur les admissions et examens.

Consulter le rapport ici (en anglais)

La corruption dans l’éducation représente un obstacle majeur à la réalisation du quatrième objectif de développement durable (ODD 4). Identifier les principaux risques de corruption – comme cela a été fait en Géorgie – et formuler des recommandations concrètes pour les éviter peut aider les responsables politiques et autres acteurs clés du secteur éducatif à réduire les mauvaises pratiques et la mauvaise utilisation de fonds, par ailleurs souvent limités, de manière à améliorer la qualité de l’éducation.

Cette évaluation se compose de deux volets : un examen de la documentation existante sur l’enseignement supérieur en Géorgie, et des entretiens approfondis avec les principales parties prenantes de ce secteur, du niveau central à l’échelon des universités. L’équipe de l’IIPE a recensé une série de risques relatifs à chacun des trois domaines analysés, notamment le financement de la recherche, le recrutement du personnel et la détermination de leurs salaires et de leurs primes, les procédures d’admission aux universités et les cours particuliers.

Ce rapport, intitulé « Corruption-risk assessment of the Georgian higher education sector » (Évaluation des risques de corruption dans l’enseignement supérieur géorgien), formule des recommandations pour chacun de ces domaines, et d’autres plus générales, pour améliorer la gouvernance du système d’enseignement supérieur dans son ensemble, par exemple :

  •  Standardiser les comptes de l’université afin d’en faciliter la comparaison et le contrôle par des organismes extérieurs, ainsi que les documents soumis aux autorités centrales ;
  • Établir une liste unique des membres du personnel de l’université, comprenant aussi bien le personnel permanent que temporaire ;
  • Définir des normes claires pour le recrutement des conférenciers invités, notamment la fourniture d’un CV à jour permettant d’évaluer leurs qualifications, et revoir les procédures employées pour définir le niveau de leur rémunération ;
  • Créer un portail centralisé et unique incluant les noms de tous les titulaires d’un doctorat ;
  • Uniformiser les normes et les procédures d’examen dans les secteurs public et privé, et veiller à ce que l’organisme chargé de l’assurance qualité vérifie l’application de ces normes ;
  •  Utiliser, pour tous les examens intermédiaires internes, des logiciels capables de détecter le plagiat de textes en anglais et en géorgien ;
  • Augmenter le nombre de spécialistes de l’éducation travaillant pour la Cour des comptes du pays, et organiser plus systématiquement des audits externes des établissements de l’enseignement supérieur (y compris les établissements privés) ;
  • Promouvoir l’accès public à l’information dans des domaines essentiels (programmes d’enseignement, critères d’accès aux cours, profil du personnel universitaire, budgets, etc.).

Il existe en Géorgie 72 établissements d’enseignement supérieur, dont 20 publics et 52 privés. La grande majorité d’entre eux (les deux tiers) se situe dans la capitale du pays, Tbilissi.

À propos des auteurs

Muriel Poisson, Spécialiste du programme à l’IIPE, est en charge du projet de l’Institut « Ethique et corruption dans l’éducation ». Elle est responsable des activités de recherche et de formation dans ce domaine, sur des sujets tels que les enquêtes de suivi des dépenses publiques, les codes de conduite des enseignants, la transparence dans la gestion des mesures incitatives destinées aux plus pauvres, les données ouvertes sur l’école et l’intégrité académique.

Jacques Hallak a occupé le poste de Directeur de l’IIPE. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur un grand nombre de sujets, dont les coûts et le financement de l’éducation, le secteur non formel, la carte scolaire, les défis de la coopération internationale et, plus récemment, la lutte contre la corruption dans le secteur éducatif. Il travaille désormais comme consultant international.

 

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