Le CHEA et l’IIPE-UNESCO publient une déclaration pour lutter contre la corruption dans l’enseignement supérieur

01 Août 2016

Le Groupe international de qualité du Conseil pour l’accréditation de l’enseignement supérieur des États-Unis (CHEA/CIQG) et l’Institut international de planification de l'éducation de l’UNESCO (IIPE-UNESCO) ont publié une déclaration consultative sur la lutte contre la corruption dans l’enseignement supérieur sur le plan international (cliquez pour lire ou télécharger une copie de cette déclaration en français ou en anglais).

Intitulée Déclaration consultative pour des pratiques internationales efficaces : lutter contre la corruption et renforcer l’intégrité, cette publication est un appel à agir et tire la sonnette d’alarme sur les problèmes de corruption académique dans l’enseignement supérieur. Elle propose également aux gouvernements, aux organismes d’assurance qualité et aux institutions de l’enseignement supérieur des moyens pour lutter contre la corruption.

Le terme « corruption académique » utilisé dans la déclaration consultative fait référence à toute action visant à obtenir un avantage indu dans le cas, par exemple, d’une admission, d’un examen, de l’obtention d’un diplôme, ce qui inclut aussi la tromperie, le plagiat, la falsification de résultats de recherche, ou encore les usines à diplômes ou à accréditation.

La déclaration consultative est née d’une réunion d’experts ayant eu lieu les 30 et 31 mars 2016 à Washington D.C., sur le thème de l’assurance qualité et de l’accréditation, et de leur rôle dans la lutte contre la corruption académique. Elle a bénéficié de la longue expérience de travail de l’IIPE et du CHEA dans le domaine de l’assurance qualité, et également de la lutte de la corruption en éducation. Cette réunion de deux jours a rassemblé des représentants d’organismes d’accréditation et d’assurance qualité, d’universités et d’associations de l’enseignement supérieur venus Asie, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord.

Sir John Daniel, coprésident et rapporteur de la réunion, a déclaré : « L’enseignement supérieur doit prendre la tête de la lutte contre la corruption et montrer l’exemple pour deux raisons. Premièrement, si les étudiants doivent faire face à des pratiques de corruption à l’université, ils auront davantage tendance à considérer qu’il s’agit d’un comportement normal dans la suite de leur vie. Deuxièmement, le bien-être des sociétés dépend du fait que les diplômes constituent des attestations fiables des connaissances et des compétences acquises par les diplômés ».

« Alors que certaines agences d’assurance qualité incluent déjà des normes d’intégrité dans leurs référentiels, elles pourraient être plus explicites sur leurs attentes en ce qui concerne les pratiques à appliquer par les établissements pour prévenir la corruption », dit Michaela Martin, responsable du projet de l’IIPE sur l’assurance qualité.

La déclaration consultative note que même si l’assurance qualité est un élément central pour répondre à la corruption académique, elle ne peut pas tout résoudre seule. La corruption affecte l’intégrité des opérations académiques à la fois en amont (au niveau des gouvernements) et en aval (à tous les niveaux des institutions d’enseignement supérieur) du travail des agences d’assurance qualité. « Nous avons besoin d’agir sur un large front pour attaquer ce problème », conclut la déclaration.

« Il est nécessaire d’identifier clairement les risques de corruption pour pouvoir élaborer des actions adéquates » a déclaré Muriel Poisson, autre coprésidente de cette réunion d’experts et responsable du département recherche de l’IIPE-UNESCO. « La déclaration consultative propose des conseils très utiles en ce sens. Elle donne des illustrations de pratiques de corruption dans l’organisation de l’enseignement, les admissions, les examens et les évaluations, l’obtention des diplôme et la certification, ainsi que la publication de travaux de recherche. Elle liste également des exemples d’actions préventives pour chacun de ces domaines, en précisant à chaque fois quelles parties prenantes impliquer ».

« Nous sommes heureux de co-publier cette déclaration consultative essentielle et d’avoir coprésidé cette réunion productive et importante, » a déclaré Judith Eaton, présidente du CHEA. « Proposer un forum international pour traiter des sujets relatifs à la l’assurance qualité sur le plan international est prioritaire pour le CIQG ».

« L’IIPE-UNESCO assurera une large diffusion et utilisation de la déclaration à travers son réseau mondial de décideurs et de planificateurs de l’éducation, » a confirmé Suzanne Grant Lewis, directrice de l’IIPE-UNESCO.

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