Une formation personnalisée pour renforcer la gestion et la planification de l’éducation au Pakistan

07 Mai 2024

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Des élèves dans une salle de classe avec un enseignant à Sindh, au Pakistan.

Au Pakistan, l’IIPE-UNESCO a organisé une formation de développement professionnel sur mesure pour plus de 40 employés du ministère de l’Éducation, afin qu’ils acquièrent des connaissances et des compétences pratiques en micro-planification et en carte scolaire.

Cette formation d’une semaine, qui s’est déroulée à Islamabad en janvier 2024, n’est qu’un exemple des programmes courts, intensifs et personnalisés créés à la demande des gouvernements, en étroite collaboration avec leurs partenaires de développement, pour répondre à défis éducatifs spécifiques à l’échelle locale et régionale.

Le cours visait à aider les responsables de l’éducation de différents niveaux administratifs à jouer un rôle actif dans le processus de planification, en optimisant leur potentiel en tant que professionnels de niveau intermédiaire travaillant à l’échelle du district et de la province.

« On ne peut pas prétendre comprendre les dynamiques scolaires des différentes communautés depuis un bureau de la capitale. À l’inverse, les dirigeants locaux ne sont pas nécessairement conscients des complexités institutionnelles liées à l’allocation des ressources humaines, financières et matérielles - sans parler des pressions politiques », a déclaré Amélie Gagnon, la spécialiste de programme senior de l’IIPE qui a dirigé la formation.

« Plus le niveau central et le niveau local coopéreront pour développer et mettre en œuvre des politiques, plus la transformation du système scolaire sera importante, ce qui se traduira par de meilleurs résultats d’apprentissage pour les enfants. »

Le cours était organisé autour de quatre modules d’apprentissage : micro-planification et carte scolaire ; diagnostic du système éducatif au niveau local ; méthodes et techniques de projection et de simulation ; et stratégies de réorganisation du système scolaire pour améliorer non seulement son rapport coût-efficacité mais aussi l’équité et la qualité de l’apprentissage.

Les participants ont également étudié les contraintes liées aux discriminations de genre dans l’éducation et les moyens de rendre les écoles plus inclusives, par exemple pour les personnes transgenres. « Il est essentiel que chaque élève trouve sa place dans le système scolaire, se sente à l’aise et en sécurité dans son environnement d’apprentissage », a affirmé Mme Gagnon.

« Nous avons eu de riches discussions pour nous assurer que toutes les populations marginalisées puissent être prises en compte – quel que soit le genre, le handicap ou le milieu culturel des enfants. »

Mme Gagnon souligne que les planificateurs doivent s’appuyer sur des données représentatives du contexte, pour rendre l’éducation plus équitable : « Il s’agit de produire des informations qui permettent aux planificateurs d’analyser la situation actuelle, de projeter un objectif et de suivre les résultats en parallèle de la mise en œuvre des politiques par des interventions. C’est pourquoi l’enregistrement binaire du genre dans les statistiques officielles et les recensements scolaires est une pratique qui devrait être remise en question : selon mes estimations approximatives, plus d’un tiers de l’ensemble des personnes sur la planète vivent dans un contexte où au moins trois genres sont reconnus, culturellement et/ou légalement. »

“This is why the binary recording of gender in official statistics and school censuses is a practice that should be questioned: my rough estimates show that more than a third of all people on the planet live in a context where there are at least three recognized genders –culturally and/or legally.”

La formation a également abordé l’importance de la micro-planification pour s’assurer que les infrastructures telles que les bâtiments scolaires soient adaptées aux communautés locales et au contexte environnemental, afin que les enfants puissent non seulement aller à l’école, mais aussi y rester. Les matériaux de construction peuvent varier, par exemple, entre les structures situées dans les centres-villes et celles situées sur des terrains plus complexes.

D’autres facteurs locaux peuvent être pris en compte. Les résultats des élèves aux examens sont moins bons dans les écoles exposées à un plus grand nombre de jours de pluie au cours de l’année scolaire. Par conséquent, plutôt que de fixer un calendrier scolaire uniforme dans tout le pays, celui des régions exposées à des risques climatiques saisonniers tels que des fortes pluies, des températures élevées et des sécheresses, pourrait être décalé dans le but d’améliorer la présence à l’école.

« En raison de la diversité qui compose chaque pays, mais plus particulièrement au Pakistan - un pays si diversifié en termes de cultures locales et de langues - il est très difficile pour une politique unique conçue au niveau national d’être pertinente partout et d’être mise en œuvre de la même manière partout », a déclaré M. Gagnon.

« Ce type d’adaptation des politiques au contexte local permet d’envoyer les ressources au bon endroit, mais aussi de s’assurer que les politiques peuvent être conçues en collaboration avec les communautés locales ou les responsables locaux. Cela répond ainsi aux attentes de la communauté, qui a le sentiment que la politique répond réellement à un problème existant, dans le village, le district, la province. »

La formation s’est appuyée sur une approche interactive et axée sur la pratique, et les participants ont dû préparer des exercices pratiques pour appliquer directement les compétences qu’ils avaient acquises.

« J’ai appris beaucoup de choses et je me sens apte à les mettre en œuvre dans la planification future de mon district », a déclaré l’un des participants dans ses commentaires sur le cours.