"Le droit à l’éducation s’acquiert, se construit et se défend"

26 Septembre 2019

Les villes jouent un rôle de premier plan dans l’éducation des jeunes. C’est à elles que revient, au quotidien, la tâche de garantir l’accès à l’éducation pour toutes et tous. A elles de faire face aux difficultés que peuvent rencontrer certains enfants. A elles aussi d’imaginer des solutions, d’ « ouvrir le champ du possible ». 

Depuis début 2019, une équipe de recherche de l’IIPE rencontre enseignants, parents d’élèves, autorités locales ou bénévoles pour identifier les défis qui se posent aux municipalités françaises et les réponses, souvent innovantes, que celles-ci mettent en œuvre pour proposer une éducation de qualité. Après Saint-Quentin et Ivry-sur-Seine, rencontre avec le maire de Grigny (Essonne), Philippe Rio. 

IIPE : Quelle est la force de la stratégie éducative de votre ville ?

Philippe Rio : La force de Grigny est de mettre de mettre le droit à l’éducation au-dessus de toute autre politique. C’est-à-dire considérer que le droit à l’éducation est un droit humain fondamental, et qu’il doit dès lors être au cœur de notre responsabilité politique locale.

IIPE : Quels sont vos principaux partenaires pour l’éducation ?

Philippe Rio : Il y a d’abord les parents. La réussite éducative va au-delà de la réussite scolaire. Les parents ont dès lors un rôle déterminant à jouer, surtout dans les quartiers et dans les villes populaires. Bien évidemment, l’Education nationale et le monde associatif concourent également à cette réussite éducative. Ceux que j’appelle les militants de la citoyenneté, que l’on retrouve dans notre tissu de bénévoles locaux ou parmi les associations présentes sur notre territoire, sont de véritables partenaires avec un savoir-faire, des valeurs que nous devons partager. N’oublions pas non plus l’ensemble du service public communal : dans une ville comme Grigny, 75% du personnel communal est impliqué, directement ou indirectement, dans la réussite éducative.

IIPE : Quels sont les ingrédients d’un partenariat réussi entre la ville et l’Education nationale ?

Philippe Rio : Un état d’esprit. Un état d’esprit qui fait que le droit à l’éducation est une priorité commune, et qu’ensemble, nous refusons les inégalités scolaires qui viennent se conjuguer à des inégalités sociales. Cet électrochoc et cette prise de conscience doivent être d’égale intensité pour la ville et l’Education nationale, pour qu’ensemble nous puissions relever ce défi qui mérite un combat de tous les instants. Lorsque l’on parle de droit à l’éducation, ça s’acquiert, ça se défend, ça se construit.

IIPE : Comment votre ville peut-elle contribuer à l’avenir des enfants qui y résident ?

Philippe Rio : On doit ouvrir le champ du possible. Un enfant doit avoir accès à tout. Or, quand on est pauvre dans une ville pauvre, on n’a pas accès à tout. Le service public doit être ce facilitateur d’accès au sport, à la culture, bien évidement à l’éducation au sens extrêmement large. Je pense à l’accès aux livres à travers nos bibliothèques et nos médiathèques, aux vacances, et à tout ce qui concourt à l’émancipation humaine et à forger les citoyens du monde de demain. Malheureusement, aujourd’hui dans un certain nombre de territoires, c’est extrêmement difficile. Notre mission est de pousser tous les murs institutionnels qui nous enferment dans une fatalité, et de créer les conditions de l’excellence éducative pour tous.

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